L’art d’être parent

Et si la parentalité était un art … comment exercer une « juste » autorité épanouissante pour notre couple et nos enfants ? C’est le thème dont Gwénola Robin, conseillère conjugale et familiale au Cabinet Raphaël a choisi de nous parler.

Le métier de parent, le plus difficile des métiers ! 

Nous sommes lancés dans cette aventure sans certificat ni diplôme. Nous voulons bien faire et nous nous projetons bien souvent comme des parents parfaits sans mesurer vraiment les défis, les adaptations nécessaires, les aspérités qu’elle peut nous faire vivre au niveau personnel et pour notre couple.

Je reçois de nombreux couples en conseil conjugal qui arrivent épuisés, décontenancés face à cette tâche « d’éducateurs ». Ce défi de mener de front leur vie de couple, leur vie familiale, leur vie professionnelle, et leur vie sociale n’est pas une mince affaire.

« Mon mari est trop laxiste, je ne peux pas compter sur lui ».

« Ma femme passe un temps infini à coucher les enfants, ça peut durer jusqu’à 22h, et notre couple dans tout ça ? « , ou encore « il est trop dur avec eux, il faut bien que je compense ! ».

Les couples que je reçois pressentent que ce rôle de parent ne peut être épanouissant et constructif qu’en faisant équipe ensemble, mais ils n’ont pas toujours les bonnes clés.

L’impact de notre histoire 

Que nous le voulions ou non, nous sommes quelque peu façonnés par le climat familial dans lequel nous avons grandi et l’éducation que nous avons reçue.

S’il n’y a pas de recette miracle en matière d’éducation car chaque enfant est unique, il existe tout de même des « principes » éducatifs qui nous soutiennent dans notre parentalité. L’autorité n’est -elle pas un des piliers de l’éducation..

L’autorité 

Mais de quoi parle-t-on quand on parle d’autorité ? Je constate que ce n’est pas si simple pour de nombreux couples d’être au clair sur ce qu’est l’autorité. Parfois parce qu’ils en ont une mauvaise image, stricte et austère, et ils ne veulent pas faire vivre à leurs enfants ce dont ils ont souffert. Parfois, parce qu’ils en ont manqué étant enfants, ils se trouvent démunis et souffrent de se laisser déborder. 

Lors des séances, plutôt que de pointer les insuffisances de l’un ou de l’autre, je leur offre un espace pour relire leur propre histoire, leur propre rapport à l’autorité: comment ont-ils été regardés et aimés, ont-ils souffert de trop d’autorité ou d’une trop grande permissivité ? Et ainsi ils peuvent identifier ce qui leur a convenu et ce qu’ils ne souhaitent pas reproduire, et mieux comprendre ce qui se joue dans les scénarios éducatifs. 

Sylvie, mère de deux enfants exprimait qu’elle se sentait incapable d’imposer son autorité sans crier. En relisant sa propre histoire, elle a compris qu’ayant elle-même manqué de cadre, c’était très difficile pour elle de le poser. 

Je pense aussi à ce père de famille pour qui c’était très difficile de dire non à son enfant. C’était lui infliger une « sentence » trop lourde. En posant des mots sur sa propre expérience de refus mal vécus, son regard a changé, et il a compris qu’accompagner son enfant à vivre la frustration était un beau cadeau à lui faire pour qu’il grandisse en liberté !

Une bonne et juste autorité, c’est celle qui – avec exigence et bienveillance – contient et autorise, qui pose un cadre dans le bien de l’enfant car le cadre à la fois le sécurise et lui offre un espace de liberté nécessaire pour se construire.

Quelques règles d’or 

Se faire confiance : nous « les parents » sommes les « plus capables » de faire grandir nos enfants ! 

Faire équipe : le couple doit faire ensemble et se mettre d’accord sur ce qui est important pour chacun et pour les deux, ce qui est négociable et ce qui est non négociable.

Ne pas désapprouver l’autre devant ses enfants. Bien sûr que l’on n’est pas toujours d’accord mais ces réglages inévitables doivent se faire en coulisse. 

S’encourager et valoriser ce qui est bon et beau chez nos enfants. 

Admettre que nous ne sommes pas des parents parfaits: nos enfants n’ont pas besoin de parents parfaits mais d’être aimés avec nos imperfections. 

Et enfin ne pas hésiter à se faire aider quand c’est trop difficile,  quelques séances peuvent suffire pour repartir confiant(e) et valorisé(e) dans son rôle de parent. 

Sans oublier que pour prendre soin de nos enfants, nous devons d’abord prendre soin de nous, car c’est dans l’amour de notre couple que nous trouvons l’énergie et la vitalité, et la joie d’être parent !

Et enfin souvenons-nous que nous sommes un couple avant d’être parents –  ne serait-ce pas le plus beau cadeau à faire à nos enfants !

Gwénola ROBIN

Conseillère conjugale et familiale à Paris

Membre du cabinet Raphaël